Pollution lumineuse : peu étudiée et méconnue du grand public

Rédigé par FNE70


16 février 2015 Non classé Articles éclairage lumière pollution


La pollution lumineuse peut se définir comme l’émission de flux lumineux depuis des sources artificielles pendant la nuit, à intensités, directions, gammes du spectre ou horaires inadéquats. Sa manifestation la plus évidente est l’augmentation de la luminosité du ciel nocturne, par réflexion et diffusion de la lumière artificielle dans les gaz et dans les particules de l’air urbaine (brouillard, pollution), de façon, qu’elle diminue la visibilité des étoiles et d’autres objets célestes.

Ainsi, dans nos villes et jusqu’aux plus petits villages, l’éclairage urbain, les affiches publicitaires, les bureaux allumés en permanence et les vitrines des magasins, illuminent l’obscurité de la nuit.

Il existe très peu de conscience sociale sur la pollution lumineuse pour le moment, malgré les conséquences qu’elle a, comme le gaspillage d’énergie (et les émissions de gaz á effet de serre résultantes de sa production), les dommages causés aux écosystèmes nocturnes, les effets nuisibles sur la santé des humains et animaux, les difficultés pour le trafic aérien et maritime, et les difficultés pour le développement d’activités astronomiques, qui dérivent en une perte de la perception de l’Univers à grande échelle. Il est fort probable qu’ils existent plus d’effets négatifs méconnus.

Il est indubitable, que le lampadaire extérieur  est un dispositif qui permet de réaliser multitudes d’activités pendant la nuit, mais il est essentiel d’illuminer de façon adéquate, en évitant l’émission de lumière directe à l’atmosphère et en employant la quantité de lumière strictement nécessaire là où on a besoin de voir.

Toute lumière dirigée vers des espaces où elle n’est pas nécessaire, ne proportionne pas de sécurité et visibilité, sinon qu’elle devient un gaspillage d’énergie et d’argent (l’éclairage représente 12% de la consommation d’électricité française). Cette pollution lumineuse est très visible quand le ciel est nuageux, concrètement, quand les nuages sont bas, car ils vont réfléchir et disperser la lumière à des kilomètres de sa source. Ainsi, le ciel apparait coloré de rose ou orange, ça dépend de la gamme du spectre de la source de lumière.

Il faut savoir qu’une simple ampoule est visible à des dizaines de kilomètres et que dans les grandes villes, les milliers de lampes allumées peuvent être perçues à des milliers ou des dizaines de milliers de kilomètres. L’étendue de cette pollution, a alerté l’ONU, qui envisage actuellement de considérer le ciel étoilé comme « patrimoine commun de l’humanité ».

Par exemple, en France nous avons eu une augmentation du nombre de points lumineux de 35%  en seulement dix ans. Il devient compliqué d’observer le ciel étoilé depuis nos villes. Seulement une petite zone dans le Quercy et en Corse ne sont pas encore polluées par la lumière.

Les effets que la pollution lumineuse cause sur les humains sont l’altération du rythme circadien, qui dérive en une perte du sommeil et obésité. Les médecins croient qu’elle influence aussi l’augmentation des cas de cancers dans les grandes villes.

La pollution lumineuse affecte aussi les insectes, qui voient augmenté leur prédation, et les oiseaux, surtout les migrateurs, qui utilisent les étoiles pour se guider. D’autres animaux affectés sont les chauves-souris, les tortues marines et les escargots.

En Europe, il existe le programme « GreenLight », une action volontaire pour la prévention de la pollution lumineuse, qui encourage les consommateurs d’électricité du secteur non résidentiel (publics et privés) à s’engager sur l’installation des technologies d’éclairage à rendement optimum, à condition que ce soit économiquement rentable. Ce projet compte déjà  800 membres et 292 sponsors.

Pour plus de renseignements sur ce projet, consulter son site :

http://iet.jrc.ec.europa.eu/energyefficiency/greenlight

Source: Notreplanete.info, « Polution lumineuse », 27/01/15

 


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