Le changement climatique : Comment les territoires préparent leur adaptation?

Rédigé par FNE70


14 janvier 2015 Non classé changement climatique développement durable gestion des eaux GIEC Méditerranée PACA Rhône territoire tourisme



Alors que le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat) vient d'interpeller les états sur leur vulnérabilité face au changement climatique, la commission de développement durable de l'Assemblée Nationale organisait une table ronde sur les stratégies d'adaptation nationale et territoriales. 

Dans son deuxième volet remis à la fin de mars, le GIEC alertait sur les risques croissants liés aux changements climatiques et sur la nécessité d'agir pour limiter les impacts de ces dérèglements:

variabilité des rendements agricoles, risques d'inondation et de submersion marine, phénomènes accrus de sécheresse et perturbations des régimes pluviaux, tous ces phénomènes sont attendus dans les décennies à venir.

Bassin Rhône-Méditerranée-Corse: des activités économiques "météo dépendantes"

De la Franche-Comté à PACA, les régions s'attendent à une augmentation des températures et du risque de canicule, à une modification du régime des précipitations et à une diminution de la couverture neigeuse. Le territoire risque également de subir plus fréquemment et plus intensément des épisodes cévenols et l'activité économique régionale pourrait être fortement impactée.

 "Notre PIB est très météo dépendant. La ressource en eau est essentielle pour de nombreuses activités comme l'agriculture, la production d'électricité (barrages, nucléaire) ou le tourisme. Or, malgré l'abondance des ressources régionales, la moitié du territoire est en déficit ou en tension". 

Directeur régional adjoint de l'environnement en Rhône-Alpes

Les régions et l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse ont, donc, lancé un plan d'adaptation au changement climatique, qui se penche également sur la Corse et le Roussillon. 

L'évaluation de la vulnérabilité du territoire, confiée au climatologue Hervé le Treut, a révélé que le Rhône verrait son débit diminuer de 30% en saison estivale en 2050, faute de fonte de neiges de printemps.

Des priorités d'action ont donc été définies. D'entre elles:

  • Les économies d'eau dans tous les secteurs, ont été encouragées par une tarification incitative, et l'augmentation de la performance des réseaux en font partie.
  • Le développement de cultures moins gourmandes en eau et résistantes à la sécheresse est préconisé à moyen terme, tout comme la gestion multi-usages des ouvrages hydroélectriques et un aménagement limitant les effets de l'artificialisation (limitation de l'imperméabilisation, stockages temporaires de l'eau de pluie…).
  • Une attention particulière est également portée aux activités touristiques puisque la région compte avec beaucoup de domaines skiables, dont une grande partie, pourraient devenir vulnérables à terme, car ils sont situés en dessous de 1.500m d'altitude. La pertinence du recours à l'enneigement artificiel devra être étudiée pour chaque cas. En tout cas, la diversification des équipements touristiques est fortement encouragée.

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