ROUNDUP : Le Scandale

Rédigé par FNE70


14 avril 2015 Non classé agriculture articles pesticides pollution


Le 20 mars 2015, l’Organisation Mondiale de la Santé a classé le glyphosate, substance active du Roundup™ comme « cancérigène probable pour l’homme », le dernier échelon avant «cancérogène certain ». 

 

 

Monsanto n’a pas tardé à montrer son désaccord en affirmant que  « Tous les usages désignés du glyphosate sont sans danger pour la santé humaine et cela est confirmé par une des bases de données les plus importantes jamais compilée au monde sur la santé humaine pour un produit agricole ». Mais toutes les études réalisées par des laboratoires de recherche, dissent le contraire.

Le Roundup™, un herbicide produit par Monsanto depuis 1972, est le plus répandu au monde. En France, l’adjuvant glyphosate est aussi un des produits phytosanitaires les plus épandus : un total de 8000 tonnes en 2011, dont 60% par des particuliers.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) affirme qu’ils existent de preuves « suffisantes » d’un potentiel cancéreux  pour l’animal de laboratoire. Notamment utilisé par les jardiniers amateurs du fait de son faible prix, le glyphosate provoque aux animaux, des modifications chromosomiques ainsi que de tumeurs au pancréas, aux reins et augmente le risque de souffrir de cancer de la peau. Chez les humains, il endommage l’ADN et accroît la probabilité de développer un lymphome non hodgkinien, un type de cancer du sang qui affecte les cellules du système immunitaire.

Même si la population à risque pour ce cancer sont les agriculteurs et les jardiniers, le reste de la population peut être aussi affecté par cette substance, car elle est présent dans l’air, mais aussi dans l’eau et la nourriture. Même si le risque d’exposition reste assez faible, les experts préviennent la population, car ce produit est commercialisé pour l’agriculture et foresterie, mais aussi le jardinage domestique et urbain.  Cette substance provoque aussi de problèmes environnementaux : un 60% des cours d’eau en France sont contaminés par le glyphosate.

Une autre étude publiée dans le journal mBio, fait le lien entre le glyphosate et deux autres herbicides largement utilisés –  le 2-4 D et le Dicamba – et un des problèmes sanitaires les aigus de notre, la résistance aux antibiotiques. Cette étude montre que lorsque les bactéries sont exposées à ces herbicides sous leurs formes commerciales, elles changent de mode de réponse à un certain nombre d’antibiotiques, notamment l’ampicilline, la ciprofloxacine et la tétracycline, médicaments largement utilisés pour traiter un large éventail de maladies mortelles.

De plus, des études scientifiques ont démontré que le POEA, une des substances qui composent l’herbicide Roundup™, provoque des effets de toxicité (nécrose, modification de l’apoptose, perturbation endocrinienne) plus importants qu’avec le glyphosate seul, tant pour les humains comme pour les milieux aquatiques. Les associations de protection de la nature et des consommateurs demandent que les produits contenant du glyphosate soient retirés du marché.

France Nature Environnement (FNE) alerte depuis longtemps sur les dangers de cet herbicide pour la santé et l’environnement. Elle demande aux pouvoirs publics d’agir au plus vite pour interdire cette molécule et pour réduire de moitié l’usage des pesticides. 

« Certaines études le classent comme un perturbateur endocrinien depuis 2012. Même à faible dose, les impacts sanitaires de ces substances (troubles de la fertilité, malformations, cancers hormono-dépendants…) sont de mieux en mieux connus. La santé a un coût et chaque année, les perturbateurs endocriniens représentent une dépense de 82 milliards d’euros pour la France ». 

Pour Jean-Claude Bévillard, Vice-Président de FNE en charge du dossier Agriculture : « Une classification par l'OMS n’implique pas automatiquement une classification par la réglementation européenne. Or c'est à ce niveau que se décide l'autorisation des molécules. Une classification CMR 1b (cancérogène probable) au niveau européen permettrait le retrait des produits contenant du glyphosate. »

 

 

 


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